Arrivé au pouvoir en 1799, Napoléon Bonaparte réussit en quelques mois à élaborer un Code civil qui unifie toutes les pratiques juridiques françaises. Un vieux rêve auquel la monarchie absolue n'avait jamais pu parvenir. Ses 2.281 articles, rédigés dans une langue claire et précise, proclament le respect des libertés individuelles, assurent la protection de la propriété, affirment la place centrale de la famille... mais aussi l'exclusion des enfants naturels et l'inégalité entre l'homme et la femme, dont Bonaparte disait qu'elle était "la propriété de son mari comme l'arbre à fruits celle du jardinier" ! En vigueur pour l'essentiel jusqu'au début des années 1970, le Code civil a sûrement fait plus pour la gloire de Napoléon que toutes ses campagnes militaires. Il le doit pour une large part à la sagesse de ceux qui, sans esprit de système, se sont efforcés, après dix ans de passions révolutionnaires, de concilier l'ancien et le nouveau, la tradition et la Révolution, de modérer la Révolution française par un zeste d'Ancien Régime. Dans le discours préliminaire du projet, on peut lire : "De bonnes lois civiles sont le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir (...) Les vertus privées peuvent seules garantir les vertus publiques : et c'est par la petite patrie, qui est la famille, que l'on s'attache à la grande ; ce sont les bons pères, les bons maris, les bons fils qui font les bons citoyens."
Par Olivier via Le Point n°1951, page 73
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