Le nom de Lucien Neuwirth reste associé à la loi de 1967 autorisant la contraception. Il raconte pour le magazine L'histoire un combat qui a occupé vingt ans de sa vie.
Votre nom est associé à la loi du 29 décembre 1967 légalisant la contraception. Qu’est-ce qui vous a amené à ce combat ?
Lucien Neuwirth : Un flirt ! C’était en juin 1944, à Londres. J’avais rejoint les Forces françaises libres aux côtés de De Gaulle. Un soir, j’avais un rendez-vous amoureux avec une femme soldat. Nous nous sommes retrouvés à Hyde Park. C’était une magnifique fin de journée, très douce. La jeune femme m’a glissé quelque chose dans les mains : une pilule. Plus exactement, un contraceptif effervescent. J’étais abasourdi. L’Angleterre était alors incroyablement en avance dans ce domaine. Il y avait des affiches dans les rues qui proclamaient : « Les maladies vénériennes sont une ombre sur votre bonheur. » Tandis qu’en France on en était resté à la loi de 1920, qui assimilait la contraception à un crime ! L’acte sexuel était encore considéré comme servant à procréer, point. Une affirmation confortée par la perte d’un million d’hommes après la guerre. L’heure était au repeuplement : il était hors de question de songer à la contraception.
Par Olivier via L'Histoire n°318, page 16 - Toute la presse partout, tout le temps
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