Le 17 août 1959, Godard donne rendez-vous à sa petite équipe à 6 heures du matin, à la terrasse du Café Notre-Dame, sur les quais, première journée matinale dédiée au filmage de l'arrivée de Michel Poiccard [Belmondo dans À bout de souffle , NDLR] à Paris, déposé en stop en face de la cathédrale. Le jeune cinéaste n'a pas dormi et, seul dans sa chambre rue de la Harpe, il écrit avant l'aurore à son producteur cette lettre inaugurale : "C'est lundi, cher Georges de Beauregard. Il fait presque jour. La partie de poker va commencer. J'espère qu'elle rapportera pas mal d'oseille. Je voulais vous remercier de me faire confiance. Je m'excuse d'avance si par hasard je suis de mauvaise humeur le mois qui vient. J'espère que mon film sera d'une belle simplicité ou d'une simple beauté. J'ai très peur. Je suis très ému. Tout va bien. Je vous écris presque comme à mes parents et vous lègue, comme première mise pour la partie qui commence, cette devise de Guillaume Apollinaire (sic) : "Tout terriblement." JLG".
Par Olivier via Le Point n°1955, page 112
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